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Underworld USA de James Ellroy (éd.Rivages)

Underworld USA de James Ellroy (éd.Rivages)

Le dernier « thriller » de James Ellroy nous plonge, entre 1968 et 1972, dans l’Amérique (en passant aussi par Saint-Domingue et Haïti) de Nixon et des assassinats politiques (Martin Luther King, Robert Kennedy), de Howard Hughes et de la Mafia, des anticastristes et de la gauche américaine, des organisations militantes noires et de John Edgar Hoover qui complote pour les détruire. Grâce à un narrateur mystérieux, s’appuyant sur des documents publics et des journaux intimes qui forment une partie de la matière du roman, on suit trois hommes – Dwight Holly, homme de main de John Edgar Hoover ; Wayne Tedrow, ex-flic et trafiquant d’héroïne ; Don Crutchfield, jeune détective – sur la piste d’émeraudes volées lors d’un braquage (qui ouvre brillamment le livre) et d’une militante d’extrême-gauche, Joan Rosen Klein.

« Vous me lirez avec une certaine réticence et vous finirez par capituler. Les pages qui suivent vous contraindront à succomber », écrit le narrateur anonyme, qui dresse une histoire occulte des États-Unis, faite de trafics, de complots, d’écoutes clandestines, de manipulations, d’attentats et de meurtres, de violence et de corruption. Si, par cet avertissement, James Ellroy s’adressait au lecteur, eh bien je n’ai pas succombé, ou plutôt si, après 300 pages… Pourtant, la fin de la trilogie éponyme était un événement très attendu des fans d’Ellroy, dont je suis. Mais voilà, ça n’a pas marché cette fois, pour plusieurs raisons.

J’ai d’abord trouvé la narration éclatée, confuse, reposant sur un style parfois elliptique, en général haché, avec une grande profusion et un grand mélange de noms (entre lesquels on se perd souvent), de lieux, d’allusions pas toujours claires, de périphrases à déchiffrer, de dialogues et de phrases courtes, qui n’aident pas à la compréhension de l’ensemble, même si on y retrouve le style Ellroy dont on est familier. C’est efficace dans le tableau initial, l’attaque d’un fourgon blindé de la Wells Fargo en février 1964, ça l’est moins ensuite, et les connexions entre les différents personnages sont difficiles à faire, même si la construction du roman est chronologique. Là où l’auteur de thrillers comme Le Dahlia noir ou L.A Confidential construisait une intrigue solide, l’auteur de ce qui s’apparente par de nombreux aspects à un roman historique et un roman d’espionnage est plus confus, passe par des détours assez tarabiscotés. Les explications sont données à la fin du livre (je suis allé voir quand même…) sur un chapitre, mais ce procédé plus traditionnel du roman policier semble lourd. Et la construction de l’ensemble tourne au procédé artificiel, au « déjà lu » dans les thrillers précédents.

D’autre part les personnages manquent d’épaisseur psychologique, de réalité, ou plutôt le lecteur a du mal à cerner cette réalité. On perd les héros quand Ellroy les abandonne pendant plusieurs chapitres avant d’y revenir, on s’attache peu à eux et à leur sort, du coup on perd aussi le fil de l’intrigue. Alors que, dans le même temps, historiquement on est dans un univers connu, plus balisé, mais mis au service d’une vision de l’époque très noire et finalement assez réactionnaire, autour du « tous pourris, tous corrompus, tous pris dans la drogue, le sexe et la violence », vision qu’on trouvait déjà dans les deux précédents opus de la trilogie, mais qui vire un peu à la « marque de fabrique Ellroy ». Et, bizarrement (mais il a déclaré que ça ne l’intéressait pas), le Watergate est absent du livre…

Bref je préfère le Ellroy auteur de thrillers au Ellroy « historien », peut-être parce que, pour moi, Ellroy n’a finalement pas bien réussi l’insertion d’une intrigue policière dans un contexte historique réinterprété.

Laurent Gayme

Cercle de lecteurs de La Réserve

Réserve + : il est rare que nous publiions des critiques négatives (on n’a pas de temps à perdre, et le jeu de massacre gratuit…bof!). Sauf pour des auteurs que nous considérons comme importants et talentueux et que nous sommes capables d’en faire une critique argumentée. C’est le cas de notre ami Laurent Gayme, fin historien et amateur de polars, à qui j’avais proposé de chroniquer ce texte…après avoir calé au bout de 180 pages. J’en profite pour conseiller les grands textes d’Ellroy : Le Dahlia noir et Le Grand Nulle part, Un tueur sur la route et la trilogie Lloyd Hopkins.